La 7ème Escadre de Chasse

(texte extrait du livre "L'Arméee de l'air, des avions et des hommes", Lcl Henri Guyot, éditions ADDIM, septembre 1992 et à actualiser).

Ecusson de l'EC 1/7 Provence


La 7e escadre de chasse est créée le 1er octobre 1932 à Dijon. Sur Nieuport Delage, elle est alors constituée de deux groupes de chasse le GC I/7 (SPA 15 et 77) et le II/7 (SPA 73 et 78). En mai 1939, le GC III/7 (SPA 152 et "Tête de furie") rejoint la 7ème escadre qui comprend alors six escadrilles. En 1939, le GC I/7 en Afrique du Nord, le GC II/7 à Luxeuil et le GC III/7 à Ambérieu deviennent autonomes, et le commandement de la 7e escadre disparaît le 27 août 1939. A l'armistice du 22 juin 1940, le GC III/7 et ses deux escadrilles (SPA 152 et "Tête de furie") sont dissous définitivement.

La 7e escadre est remise sur pied le 17 novembre 1951, sur le terrain de Bizerte Sidi-Ahmed, avec l'EC 1/7 "Provence" (SPA 15 et 77) et l'EC 2/7 "Nice" (SPA 73 et 78) équipés de Vampire Mk V. De 1952 à 1961, transformée sur SE 535 Mistral, elle participera au maintien de l'ordre en AFN.

La fusion des deux escadrons, le 1er décembre 1961, pour former l'EC 2/7 "Nice", impliquera une deuxième dissolution de l'escadre, plus administrative celle-ci, puisque est créée, le même jour, la 7e brigade aérienne, à Nancy Ochey. Cette brigade regroupe l'EC 1/7 "Saintonge" et ses escadrilles 3C2 et 4C2, l'EC 2/7 "Nice" et ses SPA 73 et 78 et l'EC 3/7 "Languedoc" avec ses 3C1 et SPA 38. Elle est équipée de MD 454 Mystère IV A.

En mars 1962, on revient à l'appellation plus conventionnelle de 7e escadre de chasse, tandis que l'EC 1/7 "Saintonge" redevient l'EC 1/7 "Provence". Le 1er février 1964, à la faveur d'une campagne de tir à Cazaux, l'EC 2/7 "Nice" demeure sur place pour devenir l'EC 2/8 "Nice", rattaché à la 8e escadre.

Depuis son installation sur la base aérienne 113 de Saint-Dizier et sa transformation sur Jaguar en 1973, la 7e escadre revient à sa composition à trois escadrons avec la création, le 1er mai 1974, de l'EC 2/7 "Argonne" (SPA 31 et SPA48), escadron dont la mission principale est la transformation, sur biplace, de tous les pilotes français qui voleront sur Jaguar. Depuis cette même année 1974, l'EC 1/7 et l'EC 3/7, renforcés par l'EC 4/7 "Limousin" créé à Istres en 1980, participent à la mission préstratégique de la Force aérienne tactique.

Après le rattachement du "Limousin" à la 4e escadre le 1er août 1989, la 7e escadre comprend de nouveau trois escadrons, toujours stationnés à Saint-Dizier. Ayant participé aux opérations de Mauritanie et du Tchad depuis 1976, elle franchit en décembre 1989 le cap des 200 000 heures sur Jaguar A et E. En janvier 1991, l'ensemble des pilotes de la 7e escadre s'illustre brillamment sur les Jaguar de la 11e EC de Toul lors des raids journaliers effectués par les forces aériennes françaises sur le Koweit et l'Irak durant l'opération "Desert Storm" de la guerre du Golfe.

Avec les mesures de restructuration du plan "Armées 2000" et le regroupement de la composante pilotée des forces nucléaires sous la bannière des FAS, l'EC 1/7 "Provence" et l'EC 3/7 "Languedoc" perdent leurs missions de pénétration nucléaire préstratégique avec l'AN 52 pour se consacrer dorénavant à l'assaut conventionnel.

Liste des commandants la 7e EC

(actualisation après septembre 1992)
dissolution du niveau escadre : 22 juin 1995


EC 1/7 Provence

Ecusson de la SPA 15Ecusson de la SPA 77Ecusson de la SPA 77

L'escadron de chasse 1/7 "Provence" perpétue les traditions des escadrilles SPA 15 ("Casque de Bayard" créée le 22 août 1912 à Reims) et SPA 77 ("Croix de Jérusalem" créée le 19 septembre 1916 à Lyon). Celles-ci deviennent respectivement 4e et 8e escadrilles du 2e RAC à Strasbourg en 1920, et 5e et 6e escadrilles du 32e RAM en 1924.

Le groupe de chasse 1/7, composé des SPA 15 et 77, est formé à Dijon en octobre 1932. Il y restera jusqu'au 26 janvier 1939 avant de rejoindre la Tunisie. Il formera alors avec le GC I/6 "l'escadre de marche de Morane 406 d'Afrique du Nord".

Après l'armistice de juin 1940, une partie des pilotes (dont le capitaine Jean Tulasne) partent pour l'Egypte afin de protéger cet allié de l'invasion italienne. Le groupe est alors dissous une première fois le 4 octobre 1942. Reformé sur le terrain de Bône-les-Salines (Algérie) en septembre 1943, il devient le Squadron 328 sur Spitfire Mk VB et constitue avec le GC II/3 le 338e Wing. Il est baptisé "Provence" en mai 1944, pendant la campagne de Corse. Le 3 septembre 1944, le I/7 se pose à Istres le-Vallon et participe à la victoire finale. Après l'armistice, il est basé à Friedrichshafen.

En octobre 1945, le groupe quitte l'Allemagne pour Tan Son Nhut, en Indochine, puis Phnom Penh. D'abord sur Nakajima 0 puis sur Spitfire Mk IX, le I/7 est relevé en juillet 1946.

En juillet 1947, le groupe est numéroté GC I/1 "Provence" avant de devenir l'EC 1/7 "Provence" en novembre 1951. Il vole alors sur Vampire.

Après avoir stationné quelque temps à Oran entre avril et juillet 1947, il quitte définitivement Friedrichshafen pour Bizerte où, le 17 novembre 1951, renaît la 7e escadre de chasse. En avril 1953, l'escadron reçoit ses premiers Mistral, Il participe aux opérations de maintien de l'ordre en Algérie entre 1956 et 1961 sur Mistral, puis se transforme sur Mystère IV A à Dijon pour retourner à Bizerte.

Le 1er décembre 1961, l'escadron rejoint la base de Nancy-Ochey pour former la 7e brigade de chasse avec les 2/7 et 3/7, tout en continuant de fournir des détachements à Oran et Bône. Jusqu'à sa transformation sur Jaguar et son déplacement sur la base aérienne 113 de Saint-Dizier, le 1/7 est chargé du mûrissement des pilotes de chasse avant leur passage sur Mirage III. Le 24 mai 1973, l'escadron arrive officiellement à Saint Dizier avec quatre Jaguar A et deux Jaguar E.

Liste des commandants l'EC 1/7 Provence
Liste des commandants des escadrilles SPA 15 et SPA 77

(actualisation après septembre 1992)
autonomie : 22 juin 1995,
décembre 1996 : 3ème escacrille SPA 91,
3 juillet 2006 : retrait des Jaguar
27 juin 2006 : arrivée du Rafale
1er avril 2012 : La 3ème escadrille abandonne les traditions de la SPA 91 pour reprendre celles de la SPA 162 Tigre


EC 2/7 Argonne

Ecusson de la SPA 31Ecusson de la SPA 48

.L'EC 2/7 "Argonne" perpétue les traditions des escadrilles SPA 31 ("Archer romain", devise "Droit au but", créée le 24 septembre 1914 à Dijon) et SPA 48 ("Tête de coq", devise "Chante et combat", créée le 19 mars 1915).

Le 1er janvier 1920, ces deux escadrilles deviennent respectivement 4e et 5e escadrilles au sein du 2e groupe de chasse (avec la SPA 94) du 1er RAC de Thionville. On les retrouve 5e et 6e escadrilles du 34e RAM le 1er janvier 1924. Le groupe remporte deux fois la coupe "Military Zenith" (1928 et 1931), qui lui sera attribuée définitivement. En 1931, il effectue un raid en Afrique du Nord.

Le 1er juillet 1932, les SPA 31 et SPA 48 forment le groupe de chasse I/1. En 1939, ce groupe, équipé de Dewoitine 510, puis de Bloch 152, participe à la campagne de France et remporte 25 victoires sûres. Maintenu après l'armistice, le GC I/1 sera atteint par la dissolution générale des unités de l'Armée de l'air, le 1er décembre 1942, alors qu'il est équipé de Dewoitine 520.

Le 1er février 1953, l'escadron renaît sous l'appellation escadron de chasse 3/1 "Argonne", basé à Saint-Dizier et équipé de Republic F 84G Thunderjet. L'escadron participe au maintien de l'ordre en Algérie en février-mars 1965. Il est équipé de F 84 F Thunderstreak en mai 1956 et prend part à l'expédition du canal de Suez en octobre-novembre 1956. Le 1er novembre 1957, l'escadron est dissous en raison des problèmes d'effectifs liés à la participation de l'Armée de l'air aux événements d'Afrique du Nord.

Le 11 octobre 1974, la SPA 31 et la SPA 48 forment officiellement l'EC 2/7 "Argonne" équipé de Jaguar et il est à nouveau basé à SaintDizier pour la transformations des pilotes de chasse sur Jaguar.

(actualisation après septembre 1992)
autonomie : 22 juin 1995,
mai 1994 : dotation de quelques Alphajet
2 juillet 1994
:3ème escacrille SPA 154 "Grue",
8 juin 2001 : dissolution de l'escadron.
10 septembre 2010 : le Centre de formation des équipages de Mirage 2000 D 00.338 à Nancy-Ochey reprend les traditions de l'EC 2/7 Argonne et devient l'ETD 2/7 Argonne.

ETD = Escadron de transformation Mirage 2000 D.

Voir communiqué de presse Armée de l'air


EC 3/7 Languedoc

Ecusson de la 3C1Ecusson de la SPA 38

L'EC 3/7 "Languedoc" perpétue les traditions des escadrilles 3C1 (ancienne flottille de chasse de la marine ayant pour emblème "Le requin", créée le 1er septembre 1927 à Hyères) et SPA 38 ("Le chardon de Lorraine", devise "Qui s'y frotte s'y pique", créée le 8 janvier 1915).

La 3C1 est transférée à l'Armée de l'air le 1er janvier 1936 pour devenir 3e escadrille du GC 11/8. La SPA 38, quant à elle (dissoute le 10 août 1919), réapparaît le 1" avril 1937 sous le nom d'escadrille régionale de chasse 564 ; elle sera dissoute en 1939 pour devenir la 2e escadrille du GC 11/8 à Marseille Marignane.

En août 1939, sur Potez 631, le GC 11/8 exécute des missions de surveillance côtière sur la Méditerranée, puis la couverture de Dunkerque. Le groupe est dissous sur Bloch 152 en novembre 1942 avec 15 victoires. Officiellement recréé le 1er août 1951, le GC 11/8 "Languedoc" est constitué le 16 août à Oran et doté de P 47 Thunderbolt. Le 30 janvier 1952, le groupe s'embarque pour l'Indochine. Rapatrié au Maroc début 1955, à Rabat-Salé, il est réintégré à la 8e EC sur Mistral pour participer aux opérations de maintien de l'ordre et assurer la transformation opérationnelle des jeunes pilotes de l'école de Meknès. Le 1er août 1959, il reçoit les sept premiers Mystère IV A. Après une courte période à Metz, l'escadron s'installe à Nancy Ochey en septembre.

C'est le 1er décembre 1961 qu'il sera rattaché à la 7e escadre de chasse (rapatriée de Bizerte). Ainsi, l'escadron 2/8 "Languedoc" devient EC 3/7 "Languedoc". Entre le 1e février 1961 et le 19 décembre 1963, l'escadron 3/7 "Languedoc" est responsable de la mise en oeuvre de la PAF.

Le 1er décembre 1966, l'EC 3/7, comme toute la 7e EC, cesse d'être subordonné au CEAA pour être rattaché à la FATac. Sa mission principale est alors la défense aérienne en moyenne et basse altitude.

Après douze années passées à Nancy-Ochey, le 17 mai 1973, la 7e escadre de chasse est transférée à Saint-Dizier avec ses Mystère IV A. Sa transformation sur Jaguar se déroule à Mont-de-Marsan, du 7 décembre 1973 au 15 mars 1974, et, le 14 mars 1974, le premier Jaguar du 3/7 se pose sur la base aérienne 113.

La 3ème escadrille de l'EC 3/7 Languedoc a hérité en décembre 1996 des traditions de la 6ème escadrille Tête de Furie du GC III/7. Elle a eu une existence très courte de 16 mois au cours de la seconde Guerre Mondiale et n'a aucune filiation avec une escadrille de la Grande Guerre.

Le 8 juin 2001, l'unité est dissoute, et une partie de ses appareils et effectifs réaffectés au Provence.

 (actualisation après septembre 1992)
autonomie : 22 juin 1995,
décembre 1996 : 3ème escacrille GC III/7(6) "Tête de Furie "
8 juin 2001 : dissolution de l'escadron.

Implantations successives de la 7ème escadre de chasse

Bizerte Sidi Ahmed

du 17 novembre 1951 au 1er décembre 1961

Nancy Ochey

du 1er décembre 1961 à mai 1973

Saint-Dizier

de mai 1973 au 22 juin 1995


Avions successivement utilisés par la 7ème escadre de chasse

Vampire Mk IV

du 17 novembre 1951 à 1952

SE 535 Mistral

de 1952 à 1961

MD 454 Mystère IVA

de décembre 1961 à 1974

Jaguar

depuis mai 1973 au 22 juin 1995


Appellations successives des escadrons de la 7ème escadre de chasse

EC 1/7 Provence

 

GC I/7 Provence

de mai 1944 au 1er septembre 1947

GC I/1 Provence

du 1er septembre 1947 au 15 octobre 1951

EC 1/7 Provence

du 2 novembre 1951 au 1er décembre 1961 et depuis mars 1962

EC 2/7 Argonne

 

EC 3/1

du 1er février 1953 au 1er novembre 1957

EC 2/7 Argonne

du 11 octobre 1974 au 8 juin 2001

EC 3/7 Languedoc

 

GC II/8 Languedoc

du 1er août 1951 au 1er novembre 1953

GC II/22

du 1er novembre 1953 au 1er mars 1955

EC 2/8 Languedoc

du 1er août 1955 au 1er décembre 1961

EC 3/7 Languedoc

du 1er décembre 1961 au 8 juin 2001


Escadrons ayant appartenu à la 7ème escadre de chasse

EC 1/7 Saintonge (3C2 et 4C2)

du 1er septembre 1961 à mars 1962

EC 2/7 Nice (SPA 73 et 78)

du 17 novembre 1951 au 1er février 1964 (rattachement à la 8ème EC)

EC 4/7 Limousin

de juin 1980 au 31 juillet 1989 (à Istres, rattachement à la 4ème EC)