Actualités Armée de l'air 06




Baptême des promotions - Salon de Provence (23/07/2013)

Baptême des promotions EA et EMA 2012
Source : site des Écoles d’officiers de l’Armée de l’air (EOAA) - Texte : Mme Françoise Longhi

Le vendredi 5 juillet 2013, les Écoles d’officiers de l’Armée de l’air (EOAA) de Salon-de-Provence ont organisé le baptême des promotions 2012 de l’École de l’air et de l’École militaire de l’air.

Sous le haut patronage du ministre de la Défense, monsieur Jean-Yves Le Drian, en présence du chef d’état-major de l’armée de l’air, le général d’armée aérienne Denis Mercier, du directeur des ressources humaines de l’armée de l’air, le général de corps aérien Claude Tafani, et du général de brigade aérienne Gilles Modéré, commandant les EOAA et la Base aérienne 701, les deux promotions ont été baptisées selon un cérémonial traditionnel et immuable, et ont reçu respectivement les noms de « Promotion Colonel Roland de la Poype » et « Promotion Maryse Hilsz ».
Inaugurée par la promotion 1935 « Capitaine Guynemer » et reprise depuis lors chaque année, la cérémonie, célébrée en présence de nombreuses autorités, constitue un moment fort qui engage les futurs officiers de l’Armée de l’air à vivre avec honneur et dignité leur vocation, à l’exemple d’un parrain, grand aviateur, dont le dévouement, les actes de courage, les remarquables qualités humaines et militaires indiqueront aux élèves officiers l’exemple à suivre.
En effet, depuis que l’École de l’air et l’École militaire de l’air sont établies à Salon-de-Provence, cette cérémonie conjointe se déroule traditionnellement de nuit sur la place Pelletier d’Oisy, le premier vendredi du mois de juillet. Elle marque l’entrée solennelle des élèves dans leur carrière d’officier et les invite à servir leur pays en s’appuyant sur l’exemple de leurs Grands Anciens.
Dans une ambiance solennelle, au rythme de la Musique de l’Air, survolées par la Patrouille de France, les promotions ayant reçu leur nom de baptême ont ensuite procédé à l’échange des gardes au Drapeau.
Ainsi le drapeau de chaque école a été transmis aux gardes montantes, composées d’élèves-officiers nouvellement baptisés. Cette tradition militaire est perpétuée depuis 1937, lorsque la promotion « Capitaine Guynemer » transmit pour la première fois le drapeau de l’École de l’air à la promotion 1936 « Capitaine Astier de Villatte ». C’est le 5 juillet 1963 que fut remis, quant à lui, le drapeau à l’École militaire de l’air.

les promotions ayant reçu leur nom de baptême ont ensuite procédé à l’échange des gardes au Drapeau - © Armée de l'air



Le Parrain de la Promotion 2012 de l’École de l’air :
Colonel Roland de la Poype



(Texte : Mme Françoise Longhi)
Roland Paulze d’Ivoy de La Poype, né le 28 juillet 1920 et mort le 23 octobre 2012 à l’âge de 92 ans, est un des pilotes de chasse français les plus fameux et héroïques de la deuxième guerre mondiale avec 16 victoires.
Passionné dès l’enfance par l’aviation, il comprend en 1939 que le nouveau conflit qui se développe représente une menace pour la paix dans le monde et la démocratie. Le 5 décembre 1939, Roland de la Poype, étudiant, s’engage alors à 19 ans pour la durée de la guerre au Bataillon de l’Air 131 du Mans. Affecté comme élève-pilote à l’École élémentaire de pilotage d’Angers, il est promu caporal et breveté pilote en février 1940. Pilote à l’École principale d’aviation d’Etampes depuis mars 1940, il entend l’Appel du 18 juin. Il est en phase avec les idées développées par le général de Gaulle et indigné au plus profond de lui-même par le renoncement signifié par le maréchal Pétain et décide donc de rallier l’Angleterre.
Il quitte la France à Saint-Jean-de-Luz le 23 juin 1940 en embarquant clandestinement sur l’Ettrick, un bateau polonais, à destination de l’Angleterre. Parvenu à Plymouth, il s’engage rapidement dans les Forces aériennes françaises libres où il est promu au grade de sergent le 1er août 1940. Du 30 août au 21 décembre 1940, il participe aux opérations sur l’Afrique occidentale française à Douala (Cameroun). Il est ensuite renvoyé en Grande-Bretagne pour parfaire son entraînement dans les écoles de pilotage de la Royal Air Force, à Odiham en février 1941 puis à Sywell en avril et à Ternhill en juillet. En octobre 1941, il obtient son brevet de pilote de chasse de la Royal Air Force et rejoint le 602e squadron à Redhill le 19 décembre 1941. Il est pendant six mois l’adjoint du chef de groupe, l’as irlandais Paddy Finucane. Pendant cette période, il escorte des bombardiers dans leurs missions et effectue des missions de reconnaissance au ras de la mer.
Promu au grade d’aspirant en mars 1942, il endommage un Messerschmitt 109 le 13 avril 1942. Il totalise à la fin juillet 148 heures de vol dont 89 en opérations comprenant 37 missions de guerre et 37 missions offensives au-dessus des territoires occupés par l’ennemi. Aussi, le 22 août 1942, il obtient sa première citation à l’ordre de l’armée aérienne entraînant l’attribution de la Croix de guerre avec Palme.
Il se porte volontaire pour aller combattre au sein d’une unité française et il est affecté en URSS au "Normandie". Après un long périple par le Cameroun, le Tchad, l’Égypte, la Syrie et l’Iran, il rejoint le groupe de chasse n°3 en décembre 1942 et il est nommé au grade de sous-lieutenant le 15 décembre. Son groupe de chasse est installé à Ivanovo et il se prépare à la lutte à venir en s’entraînant sur les avions de chasse russes de type Yak 7. Il gagne le front le 22 mars 1943. Il commence alors une série de combats victorieux et abat de nombreux avions ennemis en chasse libre ou en équipe. Il est breveté chef de patrouille le 15 août 1943 et promu au grade de lieutenant le 25 décembre de la même année.
En mai 1944 débute la seconde campagne et le 31 juillet le maréchal Staline décerne au régiment "Normandie" le titre de "Niémen" pour la part prise par lui dans la bataille sur le franchissement de ce fleuve. Après avoir perçu un nouvel appareil, le Yak 3, il obtient de nouvelles victoires durant le mois d’octobre 1944. Le 27 novembre 1944, il reçoit le titre de Héros de l’Union soviétique ainsi que l’Ordre de Lénine avec étoile d’argent. Le 9 décembre 1944, titulaire de 16 victoires aériennes homologuées, il se rend à Moscou et reçoit par le commandant en chef de l’aviation soviétique l’étoile d’or du Héros de l’Union soviétique et par le général de Gaulle, la Croix de la Libération en le reconnaissant comme Compagnon de la Libération de la France. De retour en France à la fin décembre 1944, il est promu au grade de capitaine le 25 février 1945 et prend le commandement de la première escadrille.
Il est affecté au 2e puis au 5e bureau de l’état-major de l’Armée de l’air et quitte l’armée d’active le 5 avril 1949.
Visionnaire et inventeur, Roland de La Poype comprend que l’avenir appartient au plastique et aux emballages jetables. À la tête de la Société d’études et d’applications du plastique, il monte sa première usine dès le mois de mai 1947 et se lance, en 1952, dans la fabrication d’un produit novateur : le berlingot DOP pour le groupe L’Oréal. Il développe une véritable industrie de l’emballage plastique, qui touche à tous les domaines, de l’agroalimentaire au loisir. Il est également l’inventeur de la carrosserie de la Citroën Méhari.
En 1970, passionné du monde marin, il crée le Marineland d’Antibes sur la Côte d’Azur avec pour mission de faire connaître la vie du milieu difficilement accessible des grands animaux marins et de la mer à un large public. Il prend sa retraite en 1985 et reste propriétaire du Marineland jusqu’en 2006. Il est également propriétaire d’un golf, qu’il a créé en 1989, près d’Angers.

Décorations françaises :
- Grand-croix de la Légion d’honneur, décret du 31 janvier 2008 ;
- Compagnon de la Libération, décret du 29 décembre 1944 ;
- Croix de guerre 1939-1945 (10 palmes et 2 étoiles de vermeil).

Décorations étrangères
- Croix de guerre tchécoslovaque (Tchécoslovaquie) ;
- Héros de l’Union soviétique (Union soviétique) ;
- Ordre du Drapeau Rouge (Union soviétique) ;
- Ordre de Lénine (Union soviétique) ;
- Ordre de Guerre pour la Patrie (Union soviétique) ;
- Ordre de la Victoire (Union soviétique).

Heures de vol – Victoires aériennes – Missions de guerre
- 1 052 heures de vol dont 230 missions de guerre ;
- 7 victoires homologuées ;
- 9 victoires en collaboration ;
- 1 victoire probable ;
- 1 avion ennemi endommagé.

«Nous honorons aujourd’hui la mémoire d’un grand aviateur qui illustre des qualités telles que l’excellence et l’intégrité».
Général d’armée aérienne Denis Mercier, Chef d’état-major de l’Armée de l’air, le 30 octobre 2012.


La Marraine de la Promotion 2012 de l’École militaire de l’air :
Maryse Hilsz



(Texte : Mme Françoise Longhi)
Née le 7 mars 1901 à Levallois-Perret, Maryse Hilsz est issue d’une famille modeste qui avait quitté l’Alsace pour rester française. Couturière modiste en banlieue parisienne, elle découvre l’aviation de son balcon de Levallois-Perret en suivant du regard, le soir, les appareils militaires de Villacoublay qui regagnent la base du Bourget.
Sans argent autre que son maigre salaire, elle habite chez sa mère, blanchisseuse et veuve depuis les 7 ans de Maryse.
Début 1924, alors qu’elle n’est encore jamais montée en avion, Maryse Hilsz assiste pour la première fois à un meeting aérien. Après une exhibition de biplans, on fait appel à des volontaires de baptême de saut en parachute. Quelques hommes se présentent et une jeune femme ne peut résister à la tentation irrépressible jaillie du plus profond d’elle-même : c’est Maryse Hilsz. Elle veut sauter. Après un moment d’hésitation, les organisateurs, qui ont mesuré sa forte détermination, l’autorisent à participer à ce qui est, en fait, un concours : le but est d’atterrir le plus près de l’objectif. On lui explique en quelques mots comment sauter, se diriger et se poser. La jeune femme, calme et déterminée, monte à bord de l’avion, saute et atterrit à dix mètres du but : un exploit.
Hilsz est grisée : elle veut voler. Le ciel l’attire irrésistiblement. Cette expérience de saut l’a convaincue que sa vie est là. L’animateur du concours, Maurice Finat, la reçoit quelques jours après son exploit. L’homme apprécie son caractère, son courage, son calme et sa détermination : persuadé de tenir une perle rare, il accepte alors de l’engager pour participer à des manifestations de sauts en parachute.
Maryse Hilsz démissionne de son atelier de modiste et entre sous contrat dans la société pour le développement de l’aviation.
L’entraînement est difficile et aucun quartier ne lui est fait. Elle doit redoubler d’efforts. Après un mois, elle est confirmée. Vient alors l’heure de la mise au point du numéro d’équilibriste sur les ailes des avions puis le saut en parachute avec cible. Elle a alors un seul objectif en tête : financer son instruction de pilote et, une fois le brevet obtenu, acheter son propre appareil.
Maryse Hilsz enchaîne alors meeting sur meeting, déclenchant partout l’enthousiasme. Il faut donner de l’émotion ? Le public en redemande ? Elle passe de l’équilibre sur les ailes au trapèze sous le ventre de l’avion puis elle effectue des sauts. Elle fait mine d’ouvrir un premier parachute, simule l’accident, se débarrasse de l’engin et ouvre alors le second parachute.
Chaque fois, c’est l’ovation.
En trois ans de meetings, elle effectue plus de cent-douze sauts dont vingt en double. Très bien rémunérée, elle dispose alors des moyens financiers pour son instruction et obtient aisément son brevet de pilote en avril 1930. Elle complète son brevet par celui des transports publics puis achète son avion, un biplan d’occasion.
Maryse Hilsz commence par tester son coucou et à se tester elle-même.
Dès 1930, elle désire montrer ses qualités et convaincre de ses capacités. Après une huitième place au tour de France aérien de 1930, elle devient la première femme qui tente de relier, sans mécanicien, Paris à Saïgon, aller et retour. Les ennuis s’accumulent pendant son périple aller : la météo est maintes fois très défavorable, les difficultés mécaniques, financières et logistiques s’enchaînent mais elle arrive enfin à Saïgon où elle est accueillie triomphalement par des milliers d’admirateurs. Lors de son retour, accablée par de nouveaux ennuis mécaniques qui l’obligent à effectuer des atterrissages de fortune, Maryse Hilsz et son avion sont finalement contraints de regagner le Bourget en bateau et en train : après quatre-vingt-douze jours d’aventure, la pilote est reçue triomphalement au Bourget : elle a passionné le public par sa réussite et ses malheurs.
Elle décide cependant de porter encore plus haut les ailes de la France et enchaîne les records de vitesse, d’endurance mais aussi d’altitude. Début 1932, accompagnée par un mécanicien, elle réussit à relier Paris à Tananarive en passant par le Sahara, devenant ainsi la première pilote à traverser ce désert. Une fois de plus, le raid n’est pas une promenade de santé : confrontée à des problèmes de toutes sortes, elle mettra un mois au lieu des sept jours prévus initialement pour arriver. Au retour, suite à de nouveaux problèmes mécaniques, elle est contrainte de se poser sur une île déserte du canal de Mozambique, l’île Juan de Nova. Nourris par des pêcheurs des Seychelles qui étaient de passage, Maryse Hilsz et son mécanicien tombent gravement malades et doivent leur salut au médecin à bord d’un navire de la Marine nationale. Transportée à Madagascar pour y recevoir quelques soins, Maryse Hilsz repart vite sur l’île mais elle tombe de nouveau malade et, malgré un épuisement complet, décide de redécoller et arrive finalement à son escale au Mozambique.
Après un repos total de deux jours, elle rejoindra enfin le Bourget dix jours plus tard.
En avril 1933, elle bat le record de distance et de vitesse avec un raid Paris-Tokyo-Paris de trente mille kilomètres.
Peu de temps après, le ministre de l’Air, Pierre Cot, décide de lui confier le nouveau fleuron de l’aviation, le Bréguet 27. Jean Moulin, chef de cabinet du ministre, a pour instruction de faciliter la carrière de la jeune femme. Elle est alors mandatée pour présenter l’appareil aux puissances étrangères, faire des démonstrations et s’entretenir avec les spécialistes des ministères de l’aviation chinois, japonais, turc… C’est à bord de cet appareil qu’elle remporte en 1935 la coupe « Hélène Boucher », en parcourant la liaison entre Paris et Cannes en 2 h 29, soit une moyenne de 277 km/h. L’année suivante, elle remporte de nouveau la coupe, cette fois aux commandes d’un Caudron C-684 Rafale, en 1 h 52, soit une moyenne de 366 km/h.
Alors que Maryse Hilsz détient le record du monde féminin d’altitude sur avion à hélice, à l’air libre, son record est battu en 1935 par l’Italienne Carina Negrone : ce record, elle y tient et elle ne le laissera pas lui échapper.
Elle est persuadée que le seul appareil capable de lui permettre de retrouver sa couronne est le Potez 506, conçu initialement pour l’Armée de l’air. Or, le constructeur n’a pas encore obtenu l’autorisation d’engager cet avion, avec son pilote d’essai, pour battre le record : le dossier dort depuis plus d’un an. Maryse Hilsz obtient le consentement d’Henri Potez de lui prêter l’appareil si elle obtient des pouvoirs publics cette autorisation. Elle rencontre alors le ministre de l’Air, le général Victor Denain, et obtient immédiatement son agrément. Grâce à une préparation longue et particulièrement éprouvante, elle bat le record féminin d’altitude le 23 juin 1936 en atteignant les 14 310 mètres, par une température de – 51 degrés, performance qui reste à ce jour inégalée. Au-delà de l’exploit aéronautique et sportif, Maryse Hilsz aura montré à cette occasion une volonté et une ténacité sans faille.
Quelques mois plus tard, le 19 décembre, alors qu’elle tente de battre le record féminin de vitesse dans le sud de la France, les fortes turbulences générées par un puissant mistral rendent son avion incontrôlable et elle est éjectée de l’appareil : évanouie, elle est miraculeusement sauvée par son parachute à moitié ouvert qui a amorti la chute et l’a maintenue à la surface de l’eau d’un étang où des pêcheurs la secourent. Elle s’en sort avec plusieurs vertèbres fêlées, des côtes fracturées et une épaule démise qui la cloueront au sol plusieurs mois.
Le 23 décembre 1937, Maryse Hilsz relie de nouveau Paris à Saïgon et bat le record international de vitesse (pour un pilote seul à bord) en reliant ces deux villes en moins de quatre jours. Au retour, une panne la contraint à se poser entre Karachi et Bagdad, dans le désert où elle parvient à se maintenir en vie jusqu’à l’arrivée des secours.
En cette fin des années 1930, Maryse Hilsz souhaite attirer l’attention du public sur le déclin des ailes françaises qui, selon elle, ne cessent de prendre du retard par rapport aux autres grands pays. Aussi, en 1939, en croisant Maryse Bastié à Dakar, elle lui propose, pour redonner leur fierté aux Français, de créer une croisière impériale commandée par elle-même avec Bastié en second : elle souhaite aligner trois avions pilotés par six femmes. Le gouvernement est enthousiasmé par le projet, le devis est accepté mais, au moment-même où elles s’apprêtent à partir pour un raid de vingt mille kilomètres, la guerre éclate mettant un terme définitif à toute tentative de nouveau record.
Maryse Hilsz se porte volontaire avec son escadrille pour toutes les missions qu’on voudra lui confier : les six femmes sont prêtes à se battre. Cependant, contrairement à d’autres pays, la France n’admet pas encore les femmes dans l’Armée de l’air. La jeune femme n’accepte pas cette situation : elle harcèle les parlementaires et l’état-major. Une loi de 1938 sur le pays en temps de guerre prévoit cependant l’engagement volontaire voire le recrutement des femmes dans les forces armées. Finalement, Maryse Hilsz doit se contenter de convoyer les avions Amiot sortis d’usine vers les différentes escadrilles de l’Armée de l’air. Le texte autorisant les femmes à s’engager en tant que pilote dans l’Armée de l’air n’aboutira à la signature du ministre que quelques jours avant l’armistice du 22 juin 1940. Maryse Hilsz, accablée, ouvre avec sa sœur une boutique de modistes à Aix-en-Provence. C’est une manière de se faire oublier.
En 1941, elle entre dans la Résistance. Elle fait partie du réseau « Buckmaster », réseau qui prépare à cette époque un plan de harcèlement d’occupation devant être efficace surtout pendant et après le débarquement allié. Maryse Hilsz fournit dans la clandestinité des renseignements très précis au Special Operations Executive.
En récompense de son efficacité, l’état-major des Forces françaises de l’intérieur lui attribue le grade de capitaine FFI.
Les accords passés entre le général de Gaulle et les responsables britanniques empêchent l’affectation du personnel féminin à titre navigant. Cependant, en septembre 1944, Charles Tillon, ministre de l’Air, propose au chef du Gouvernement provisoire d’ouvrir une école de pilotage destinée aux femmes. À terme, celle-ci doit compter deux cents élèves. Le général de Gaulle, défenseur de la promotion de la femme, accepte d’emblée et ne manque pas d’ajouter : « C’est une très bonne idée, j’espère que vous n’oublierez pas Maryse Hilsz et Maryse Bastié. »
Ainsi, en octobre et novembre 1944, Maryse Hilsz, Maryse Bastié mais aussi Elisabeth Boselli font partie des treize femmes qui s’engagent en tant que pilote au sein de l’Armée de l’air. Toutes titulaires dans l’entre-deux guerres d’un brevet civil, ces aviatrices de grand renom sont vite surnommées les « 13 Amazones de l’air » ou encore les « 13 Grâces ».
Lors de ce premier stage qui a lieu entre fin 1944 et début 1945, les pilotes s’entraînent sur Tiger Moth, A 24 et Mauboussin à Châteauroux. Certaines d’entre-elles suivent ensuite le cycle complet des élèves moniteurs à Tours. Compte tenu de leur passé aéronautique, Maryse Bastié et Maryse Hilz sont dispensées du stage de Tours.
Maryse Hilsz, nommée sous-lieutenant, est alors affectée au Groupe de liaisons aériennes ministérielles (GLAM) à Villacoublay. Elle vole essentiellement sur Nord 1000, Caudron Goëland et Siebel 204. Son travail consiste à transporter des officiers à travers la France et l’Europe.
Le 30 janvier 1946, portant les galons de lieutenant, alors qu’elle effectue une liaison entre Villacoublay et Marseille-Marignane, la très mauvaise météo va transformer ce simple vol de routine en drame et avoir raison de son habileté aux commandes d’un avion. Face aux éléments, son bimoteur Siebel 204 se brise en vol, avant de s’écraser dans la région de Bourg-en-Bresse : sous l’effet du givrage, les commandes se sont bloquées et la queue de l’avion a éclaté. Maryse Hilsz périt dans l’accident. Grande figure de l’aviation, sa tombe porte l’épitaphe émouvante « les ailes brisées ».

Décorations françaises :
- Officier de la Légion d’honneur ;
- Médaille de l’Aéronautique à titre posthume ;
- Prix Monique Berlioux de l’Académie des sports en 1936.

Lieux :
- « Stade Maryse Hilsz », dans le XXe arrondissement de Paris ;
- « École élémentaire Maryse Hilsz » dans le XXe arrondissement de Paris ;
- « Rue Maryse Hilsz » à Blois, Le Grand-Quevilly, Le Plessis-Pâté, Levallois-Perret, Paray-Vieille-Poste, Paris, Rosny-sous-Bois, Saint-Médard-en-Jalles, Soissy-sous-Montmorency, Tarbes, Toulouse, Vélizy-Villacoublay.

Sculpture :
- Sculpture à Levallois-Perret dans le parc de La Planchette représentant une aile d’oiseau pointée vers le ciel, avec l’inscription rappelant que Maryse Hilsz était une « Messagère, dans le monde de la gloire, des ailes françaises ».


EFNC 1/93 Aunis - Cdt Parsy - Salon de Provence (29/07/2013)

Dernier vol sur D 140 Mousquetaire
Source : site des Écoles d’officiers de l’Armée de l’air (EOAA) - Texte : Cdt Parsy

L’utilité et la longévité d’un avion dans l’Armée de l’air ne se mesurent pas à sa notoriété et certains appareils font au sein de notre institution une longue et discrète carrière dont on réalise l’ampleur quand survient leur retrait du service.
1969, année aéronautique s’il en est, voit l’arrivée d’un nouvel avion dédié à la formation des élèves navigateurs de l’Armée de l’air, le D140 Mousquetaire. Cet appareil robuste et fiable doté d’une confortable autonomie permet l’apprentissage des techniques de base de la navigation à vue, du travail en équipage et la conduite de missions à vocation tactiques.
Le Groupement École 00.316 basé à Toulouse Francazal établit alors un programme d’instruction spécifique permettant une formation de qualité à l’issue de laquelle les élèves sont orientés en spécialisation "chasse", "transport", puis plus tard "ravitaillement en vol". Le GE 316 devenu l’ENOSA (École des navigateurs officiers systèmes d’armes), puis EFNC (Escadron de formation des navigateurs de combat) s’est vu hériter des traditions d’un ancien escadron de ravitaillement en vol pour devenir officiellement depuis le 13 novembre 2012 l’EFNC 1/93 Aunis.
Le D 140 a permis la formation de nombreuses générations de navigateurs et tous gardent un souvenir ému de leurs premiers vols à bord de cet avion, qu’ils soient aujourd’hui sur Rafale, Transall, Mirage 2000, C 130, C 135 ou AWACS. Les services techniques en charge de son entretien ont aussi une affection particulière pour cet appareil rustique, sans électronique, doté d’une mécanique accessible qui savait vous rendre à sa façon toute l’attention que vous lui portiez.
Le vendredi 12 juillet 2013 fut donc un jour très particulier pour le CFAMI 05.312 avec la dernière mission d’instruction du Mousquetaire au profit des NOSA après 44 ans de bons et loyaux services. L’arrivée du Cirrus SR22 signe l’arrêt définitif du D 140 dans la formation des navigateurs mais pas son retrait du service puisqu’il assurera plus que jamais sa mission de tractage au profit des planeurs de l’Armée de l’air.
Cet avion restera dans les mémoires de tous ceux qui ont eu la chance de le mettre en œuvre ou de voler à son bord, avec des moments superbes mais aussi parfois des drames comme en 1991 où un appareil ne revint jamais de sa mission, pris au piège de la météo.
Gageons qu’il fera encore bien des heureux dans sa noble mission au service du vol à voile et qu’il se verra encore longtemps approcher en vol par quelques Rafale et autres avions modernes nostalgiques de cette aviation légère qui leur a appris leur métier.
Commandant Parsy
Chef de l’Escadron de formation des navigateurs de combat (EFNC) 1/93 "Aunis"

Alignement de D 140 Mousquetaire à Salon de Provence à proximité du célèbre BDE (Batiment des Etudes) - © Armée de l'air.

Survol du lac de Sainte-Croix du Verdon pour ce dernier vol symbolique du D 140 Mousquetaire, le 12 juillet 2013. L'appareil, le n° 211 (XZ) est escorté par le Cirrus SR 22, son successeur (F-HKCF) - © Armée de l'air.


A 400M - Orléans (02/08/2013)

Le premier A400M Atlas se pose sur la base aérienne d'Orléans
(Actualité Armée de l'air)

Mise à jour : 02/08/2013 18:18 - Auteur : Ltt Marianne Jeune
Vendredi 2 aout 2013, le premier exemplaire de série de l’avion de transport militaire A400M a rejoint la base aérienne 123 d’Orléans-Bricy. La cérémonie officielle de l’évènement se tiendra à la rentrée, en présence des autorités concernées.


C’est à 14h35 que les trains d’atterrissages de l’A400M "Atlas" ont touchés le sol orléanais sous un soleil de plomb. La base aérienne 123 d’Orléans-Bricy devient ainsi la base de mise en œuvre de l’avion de transport tactique au sein de l’armée de l’air.
L’arrivée de cet appareil, qui porte le numéro de série MSN7, représente l’aboutissement d’un long processus entre les équipes industrielles d’Airbus Military, les équipes étatiques des sept nations partenaires et celles de l’organisation conjointe de coopération en matière d’armement (OCCAR).
L’armée de l’air française est la première à recevoir des avions A400M de ce programme européen. Il constitue un matériel indispensable aux forces aériennes pour réaliser ses missions. Avion de transport militaire tactique disposant d'une capacité d'allonge stratégique, à la pointe de la technologie, l’A400M est sans équivalent sur le marché mondial.
Ce jour marque le tout début d'une nouvelle ère pour le transport aérien militaire. Cet événement fera l'objet d'une cérémonie officielle à la rentrée en présence des autorités concernées.

(voir actualité antérieure)

C’est le 02/08/2013 à 14h35 que les trains d’atterrissages de l’A400M "Atlas" ont touchés le sol orléanais sous un soleil de plomb - © Armée de l'air




Le A400M "Atlas" - numéro de série : MSN7 - immatriculation OACI : F-RBAA - © Armée de l'air


Survol symbolique du château de Chambord par le A400M "Atlas" - © Armée de l'air



Colonel Amédée Passemard - Chevry-Cossigny 77 (23/08/2013)

Disparition d’un héros de l’aviation
(Actualité Armée de l'air)

Mise à jour : 22/08/2013 17:44
Le colonel de réserve Amédée Passemard, illustre ancien de l’armée de l’air, est décédé dans sa 94e année, le 19 août 2013. Sa carrière opérationnelle a commencé avec son affectation à Dijon à l’escadrille SPA 73 "Cigogne" du groupe de chasse 2/7, le 1er juillet 1939. Il est alors devenu le plus jeune pilote de chasse de France.

Pour couronner son parcours exemplaire au sein des ailes françaises, il a été élevé, le 5 mai 2011, à la dignité de Grand Officier de la Légion d’Honneur.
L’armée de l’air rend hommage à cet ancien qui a contribué à écrire de belles pages de son histoire et s’associe à la douleur de ceux qui lui sont proches.
Les obsèques religieuses seront célébrées le vendredi 23 août, à 15 heures, en l'église Notre-Dame de l’Assomption à Chevry-Cossigny (77).

Voir biographie détaillée sur le site des "Vieilles Tiges"

Le colonel Amédée Passemard a été élevé,  le 5 mai 2011, à la dignité de Grand Officier de la Légion d’Honneur. - Armée de l'air


Agé de 19 ans, le jeune Amédée Passemard devant un Morane Saulnier 225 à l'école de chasse. - Armée de l'air



Georges Guynemer - Paris (11/09/2013)

Cérémonies commémoratives en l’honneur du pilote Georges Guynemer
(Actualité Armée de l'air)

Mise à jour : 13/09/2013 09:59
Mercredi 11 septembre 2013, comme chaque année, les bases aériennes ont organisé des cérémonies commémoratives en l’honneur du pilote émérite Georges Guynemer.


Né le 24 décembre 1894, à Paris, Georges Guynemer, s’engage en 1914 au titre du service auxiliaire comme élève mécanicien. Il parvient cependant à réaliser son rêve en devenant pilote en 1915. Dans l’escadrille des Cigognes, il récupère le Morane-Saulnier type L de Charles Bonnard, surnommé "Vieux Charles". Dès lors, ses avions seront peints en jaune et baptisés du même nom.
Sa façon de piloter et son courage sont appréciés des photographes au cours des missions de reconnaissance. Il participe alors à des missions de combat et remporte sa première victoire aérienne le 19 juillet 1915 en abattant un Aviatik C.1. Il devient un as de la première Guerre Mondiale en remportant sa cinquième victoire le 3 février 1916.
Promu au grade de capitaine, il prend un an plus tard le commandement de l’escadrille. Le 8 février 1917, à bord d’un Spad VII, il est le premier pilote allié à abattre un bombardier lourd allemand Gotha G.III. Il atteindra un total de 50 victoires aériennes homologuées et 35 victoires probables.
Sa notoriété lui aura permis d’influer sur la conception des avions de combat. Ainsi, le Spad VII sera remotorisé pour développer plus de puissance. Le Spad XII, son « avion magique », sera armé d’un canon tirant à travers le moyeu de l’hélice.
Bien des années après, les pilotes de chasse portent encore une cravate noire en souvenir de la mort de Guynemer et l’École de l’air a fait sienne sa devise « faire face ».

Le CEMAA présidait la cérémonie commémorative en l'honneur du capitaine Guynemer sur la base aérienne 117. - © Armée de l'air



BA 120 Cazaux (19/09/2013)

Six unités récompensées pour leur engagement en Afghanistan
(Actualité Armée de l'air)

Mise à jour : 23/09/2013 08:47
Jeudi 19 septembre 2013, le général Denis Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’air, a présidé une cérémonie de remise de la Croix de la Valeur militaire à des unités de l’armée de l’air engagées en Afghanistan.


Jeudi 19 septembre 2013, sur la base aérienne 120 de Cazaux, le général Denis Mercier, chef d’état major de l’armée de l’air, a présidé une cérémonie de remise de décorations collectives décernées à six unités de l’armée de l’air pour leur engagement en Afghanistan.
Le groupe de ravitaillement en vol 2/91 "Bretagne" a été cité à l’ordre de la division aérienne avec attribution de la Croix de la Valeur militaire avec étoile d’argent. L’escadrille aéro-sanitaire 6/560 "Étampes", l’escadron d’hélicoptères (EH) 1/67 "Pyrénées" et les commandos parachutistes de l’air (CPA) n°10, 20 et 30 ont, quant à eux, été cités à l’ordre de l’armée aérienne avec attribution de la Croix de la Valeur militaire avec palme de bronze.
L’EH 1/67 "Pyrénées" et les trois CPA ont ainsi reçu symboliquement la fourragère aux couleurs de la Croix de la Valeur militaire.

Pour en savoir plus, consultez les attributions pour chacune des unités.

Six unités de l'armée de l'air ont été décorées sur la base de cazaux - © Armée de l'air


Les commandant d'unité de quatre unités ont reçu symboliquement la fourragère aux couleurs de la croix de la valeur militaire. - © Armée de l'air


Le chef d'état major de l'armée de l'air remet les décorations aux unités. - © Armée de l'air




EC 3/3 Ardennes - BA 133 Nancy-Ochey (24/09/2013)

L'escadron de chasse 3/3 "Ardennes" a fêté ses 70 ans
(Actualité Armée de l'air)

Mise à jour : 24/09/2013 10:05 - Auteur : Lieutenant Christelle Hingant
Vendredi 20 septembre 2013, la base aérienne 133 de Nancy-Ochey a vibré au rythme de la cérémonie d’anniversaire de l’escadron de chasse (EC) 3/3 "Ardennes". Les anciens et actuels membres du 3/3 étaient sur leur 31 pour célébrer les 70 ans d’existence de cet escadron légendaire.


C’est au cours d’un après-midi haut en couleurs que les aviateurs de l’EC 3/3 ont soufflé les 70 bougies de l’"Ardennes", en compagnie de leurs proches et des autorités locales. Le général Didier Rouzet (accès privé), commandant la brigade aérienne de l’aviation de chasse, a présidé la cérémonie de commémoration, rythmée par les percussions et autres instruments de la musique de l’air.
Mis en place en 1943 pour surveiller les côtes syriennes et palestiniennes, les aviateurs du groupe de chasse III/3 "Ardennes" ont, depuis, fait du chemin. En effet, les "sangliers", comme ils sont surnommés à l’image de leur mascotte, prennent part à l’ensemble des opérations aériennes menées par l’armée de l’air. Le général Soulet (accès privé), commandant les forces aériennes et le soutien des forces aériennes, l’a d’ailleurs souligné dans son ordre du jour en qualifiant le 3/3 d’"entité prestigieuse qui a fait la gloire des ailes françaises depuis la Seconde Guerre mondiale".
Après cette cérémonie solennelle, les nombreux invités ont pu assister à des démonstrations en vol. Les Mirage 2000D de l’«Ardennes», la patrouille "Cartouche Doré" et le Rafale solo display ont fait le spectacle, pour le plus grand bonheur du public.

Le général Rouzet présidait la cérémonie anniversaire du 3/3. - © Armée de l'air

Les Mirage 2000D de l'escadron de chasse 3/3 "Ardennes" ont réalisé une démonstration époustouflante. - © Armée de l'air


La patrouille "Cartouche Doré" a ébahi les invités. - © Armée de l'air


"Ne recule ni ne dévie" , telle est la devise de l'EC 3/3 Ardennes - © Armée de l'air



A400M Atlas - BA 123 Orléans-Bricy (03/10/2013)

Livraison officielle de l'A400M Atlas
(Actualité Armée de l'air)

Mise à jour : 02/10/2013 10:58
L’armée de l’air a reçu officiellement l’A400M Atlas lundi 30 septembre 2013. L’événement a tout d’abord été célébré dans les locaux d’Airbus Military, à Séville (Espagne), lieu d’assemblage final de l’Atlas.

[...] Monsieur Le Drian a ensuite présidé la cérémonie d'arrivée de l’A400M, sur le tarmac de la base aérienne d’Orléans. À cette occasion, le premier exemplaire de l’armée de l’air, le MSN7, a été baptisé du nom de la ville berceau de l’aviation de transport militaire : "Aujourd’hui, en baptisant l’Atlas MSN7 "Ville d’Orléans", souligne le ministre, ce sont d’autres grands et beaux défis qui se présentent à nous. J’ai toute confiance en vous pour les relever."

(voir actualité antérieure)

Baptême de l'A400M MSN7. - © Armée de l'air


(voir baptême du 2ème A400M MSN8)

Droits : © Armée de l'air