Actualités Armée de l'air 39 (2022)


BA 701 - Salon-de-Provence (07/07/2022)

Baptême de la promotion 2021 de l’EAE, en présence du ministre des Armées

Mise à jour : 06/07/2022 - Direction : Armée de l'air et de l'espace
Le 1er juillet a eu lieu, sur la base aérienne (BA) 701 de Salon-de-Provence, la cérémonie de baptême des élèves officiers de la promotion 2021 de l’École de l’air et de l’espace (EAE).

Un moment fait de traditions, qui a marqué la fin d’une année de formation devant les familles des militaires, et en présence du ministre des Armées Sébastien Lecornu. Comme chaque année, le premier vendredi du mois de juillet est consacré à la cérémonie de baptême des élèves de l’École de l’air et de l’espace. Proches et familles des élèves ont reçu l’invitation afin de partager cette journée dense et riche en émotions.

Elle a tout d’abord débuté par un après-midi consacré aux expositions statiques d’anciens aéronefs, tels que l’avion d’entraînement américain de la Seconde Guerre mondiale « T6 », le Sabre F-86, le Noratlas, le Fouga Magister et des appareils plus récents comme le Rafale. Les invités ont par la suite pu s’émerveiller devant les démonstrations aériennes de certains Ambassadeurs de l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE), comme l’Équipe de voltige de l’armée de l’Air (EVAA) avec ses figures maîtrisées par des pilotes chevronnés, la prestigieuse Patrouille de France ou encore le Pilatus PC-21 de la base aérienne (BA) 709 de Cognac-Châteaubernard.

Après ces moments d’échanges aux allures de meeting, les aéronefs ont laissé place à la cérémonie solennelle. Riche de sens, cette cérémonie de baptême a été présidée par Sébastien Lecornu, ministre des Armées, en présence du général Stéphane Mille, chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace (CEMAAE). Était aussi présente Mme le général Dominique Arbiol, commandant la BA 701 et directrice générale de l’EAE, aux côtés de nombreuses autorités civiles et militaires. C’est sur la place Pelletier Doisy, face au bâtiment de la direction des enseignements (BDE), que la promotion 2021 de l’École de l’air et de l’espace a reçu son nom de baptême. Elle s’appelle désormais la promotion « Colonel James Denis ».

C’est à cette occasion que le ministre des Armées s’est adressé aux élèves : « Ce baptême de promotion marque votre entrée définitive dans l’armée active et fait désormais de vos rêves une réalité, il vous engage aussi dans les pas de vos anciens, qui, de Guynemer à Gary, se sont battus avec courage pour leur patrie. Chacun de ceux qui vous ont précédés ont permis de bâtir le prestige et la gloire de cette école. À vous désormais d’inscrire la marque de votre talent et de votre engagement dans les sillages qu’ils vous ont tracés, et qui prennent tous comme point d’envol : le ciel salonais. »

Les élèves ont ensuite procédé à l’échange de la garde du drapeau. Moment solennel, les élèves de deuxième année ont remis ce dernier à leurs successeurs de première année. Enfin, la cérémonie s’est terminée par le survol et l’éclatement de la Patrouille de France au-dessus de la promotion, ainsi que par le traditionnel défilé à pieds des élèves officiers mis à l’honneur, accompagné du chant de la promotion.

Cette année, la promotion 2021 « Colonel James Denis » est composée de 173 élèves officiers, dont 61 officiers du personnel navigant (PN), 36 officiers mécaniciens des systèmes aéronautiques et 59 officiers des bases. Sont également présents 17 commissaires des armées ancrage « Air », DGA (Direction générale de l’armement) et SSA (Service de santé des armées), ainsi que dix élèves originaires notamment du Cameroun, du Tchad ou encore de Côte d’Ivoire. La promotion compte dans ses rangs des cadets allemands, venus étudier le temps d’une année à Salon-de-Provence.

L’annonce du parrain a fait vibrer de nombreux Aviateurs. En effet, cet ancien commandeur de la Légion d’honneur, engagé lors de la Seconde Guerre mondiale, a fait partie des Forces aériennes françaises libres (FAFL). Désormais réunie sous son nom, la promotion 2021 honore un homme au parcours qui force l’admiration.

Inaugurée pour la promotion 1935 « Capitaine Guynemer », la cérémonie du baptême incarne un moment fort qui engage les futurs officiers de l’armée de l’Air et de l’Espace à vivre avec honneur et dignité leur vocation. Cet événement renforce la volonté des futurs officiers de servir leur pays en s’appuyant sur l’exemple des Grands Anciens.

= = = = = = = = = >

[(Ndlr) Souvenir : 1972 ... C'était, il y a 50 ans pour le webmestre (EMA 71)]

Colonel James Denis
Né le 1er février 1906 en Charente-Maritime, le colonel James Denis est un ancien commandeur de la Légion d’honneur. Engagé à 19 ans dans l’aviation, et obtenant son brevet de pilote militaire en 1929, il s’est engagé dans la guerre de 1940 à 1944 et a fait partie de ces Aviateurs des Forces aériennes françaises libres (FAFL). Il a mené en leur sein de multiples combats aériens, notamment à Dakar, au Cameroun et en Grèce. Avec son escadrille nommée l’escadrille Denis, qui devint la 1re escadrille de chasse de la France libre (EFC1), il reçut la croix de la Libération en 1941, totalisant 17 victoires aériennes avant son décès en 2003 à Niort.

1er juillet 2022 : baptême de la promotion 2021 de l'Ecole de l'air et de l'espace à Salon-de-Provence - Crédits : © Armée de l'air et de l'espace


1er juillet 2022 : baptême de la promotion 2021 de l'Ecole de l'air et de l'espace à Salon-de-Provence - Crédits : © Armée de l'air et de l'espace


1er juillet 2022 : baptême de la promotion 2021 de l'Ecole de l'air et de l'espace à Salon-de-Provence - Crédits : © Armée de l'air et de l'espace


Sources : Armée de l'air
Droits : © Armée de l'air

BA 123 - Orléans (18/07/2022)

« Béarn » : « Un escadron, des escadrilles »

Mise à jour : 07/07/2022 - Direction : Armée de l'air et de l'espace
Le 1er juillet avait lieu, sur la base aérienne (BA) 123 d’Orléans-Bricy, la cérémonie d’escadrillage du « Béarn », dans un lieu lié à l’aviation de transport de l’armée de l’Air et de l’Espace.

Spécialiste du transport aérien militaire, le « Béarn » est composé à la fois d’un escadron et d’escadrilles. Lorsque l’aéronautique militaire était en expansion au début du XXe siècle, les escadrilles « SAL14 » et « SAL18 » ont été créées. Elles avaient pour objectif d’assurer des missions de reconnaissance, d’observation et de bombardement. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, les deux escadrilles ont été rassemblées et intégrées au 34e régiment aérien d’observation (RAO), qui est devenu en 1936 le groupe de bombardement 1/34.

En 1944, le groupe de bombardement 1/34 « Béarn » a ainsi été créé, respectant la tradition des Forces aériennes françaises libres (FAFL) de donner des noms de provinces aux unités. Il a par la suite pris l’appellation de groupe de transport 1/34 « Béarn ». L’escadron de transport 4/61 « Béarn », héritier des escadrilles « SAL14 » et « SAL18 », se voyait donc naturellement confier leurs fanions.

« Vous pouvez être fiers de l’héritage des escadrilles “SAL14” et “SAL18”. Le glorieux passé de vos anciens qui ont toujours fait preuve de courage, d’abnégation et d’ardeur au combat vous oblige désormais », a déclaré le général Vincent Severin, commandant en second des forces aériennes, sur le front des troupes pendant la cérémonie.

L’escadrille « SAL18 »

À la fin de la Première Guerre mondiale, l’escadrille « SAL18 » était créditée de six victoires aériennes, de 346 missions de prises de photos aériennes, de 1 135 missions de reconnaissance et de 345 missions de réglages d’artilleries. Ce glorieux palmarès lui a coûté un lourd tribut humain, avec 23 morts et 25 blessés. Cette escadrille a été récompensée par deux citations à l’ordre de l’armée, et a été décorée de la croix de Guerre 1914-1918. L’as Maxime Lenoir a remporté ses premières victoires aériennes sous les couleurs de la « SAL18 ».

(Ndlr) Voir actualité précédente du 01/01/2022

1er juillet 2022 : cérémonie d’escadrillage du « Béarn », sur la BA 123. - Crédits : © Armée de l'air et de l'espace
Cette cérémonie était présidée par le général Vincent Severin, commandant en second des forces aériennes.

1er juillet 2022 : cérémonie d’escadrillage du « Béarn », sur la BA 123. - Crédits : © Armée de l'air et de l'espace
L'A400M Atlas n°110 (F-RBAR) de l'ET 4/61 Béarn


Sources : Armée de l'air
Droits : © Armée de l'air


Paris - (07/09/2022)

Le général de Rancourt, nouvel inspecteur général des armées – Air et Espace

Mise à jour : 06/09/2022 - Direction : Armée de l'air et de l'espace
Le général d’armée aérienne (GAA) Luc de Rancourt a pris ses fonctions d’IGAAE en septembre 2022.

En cette rentrée de septembre 2022, le GAA Luc de Rancourt succède au général Jean-François Ferlet, au poste d’inspecteur général des armées – Air et Espace

Aviateur depuis 37 ans, le général d’armée aérienne Luc de Rancourt côtoie les bancs de l’Ecole de l’Air dès 1985. Après une formation initiale d’officier et de pilote, il est finalement breveté pilote de transport en 1989. Après cinq années sur C160 Transall sur la base aérienne 123 (BA 123) d’Orléans-Bricy, il retourne sur la BA 701 de Salon-de-Provence en 1994 pour y assurer les fonctions de chef de brigade d’élèves-officiers durant deux ans.

De 1996 à 1999, Luc de Rancourt rejoint la division des opérations spéciales, à Toulouse. Par la suite, il intègre le collège interarmées de défense. A l’issue d’une année de scolarité, il reprend le chemin des tarmacs en prenant le commandement de l’escadron de transport 1/64 « Béarn », de 2002 à 2004.

Au cours de ses deux premières décennies au sein de l’armée de l’Air de l’Espace, le GAA de Rancourt a pu participer à de nombreuses missions opérationnelles, du Golfe (Daguet, 1990-1991), en Afrique (Epervier Tchad et Centre-Afrique, 1992) jusqu’au Balkans (Courlis, 1993) et au Cambodge (Apronuc, 1993). Durant sa période de commandement, il est rappelé aux Balkans (2000), au Tadjikistan pour l’opération Heraclès (2001) et en Ouganda (Artemis, 2003). Il totalise 5000 heures de vol et 164 missions de guerre.

Sa deuxième partie de carrière s’ouvre sur une affectation à l’étranger, au poste de chef d’état-major à l’European Airlift Center, au Pays-Bas. En 2007, il rejoint le Royal College of Defense Studies à Londres.

Dès 2008, il prend la tête de la BA 123 d’Orléans-Bricy, puis de la base de défense associée, avant de regagner l’état-major de l’armée de l’Air en qualité de directeur de la transformation de l’armée de l’Air (2011). Un an plus tard, il devient adjoint en charge de l’organisation et des ressources humaines au sein du cabinet de la ministre de la Défense.

Il renoue, de 2015 à 2019 avec le monde opérationnel au poste de général adjoint du Commandement des opérations spéciales (COS) à Villacoublay puis comme chef d’état-major du Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA), à Paris. En 2019, il prend les fonctions de directeur adjoint de la direction générale des relations internationales et stratégiques (DGRIS).

Promu général d’armée aérienne en septembre 2022, Luc de Rancourt est commandeur de la Légion d’honneur, commandeur de l’Ordre national du mérite, décoré de la Croix de la valeur militaire avec deux citations. Il est également titulaire de la médaille de l’aéronautique.

(Ndlr) Plus d'informations : vidéo ""Histoire de famille : la fibre du transport"

Sources : Armée de l'air
Droits : © Armée de l'air


BA 125 - 31 EARTS - Istres (16/09/2022)

Mise en service du 7ème A330 MRTT Phénix

Mise à jour : source Facebook "Armée de l'air et de l'espace" - 15/09/2022
Depuis sa première mise en service, début août 2022, l'A330 Phénix n°47 compte plus de 126 h de vol à son actif.

Polyvalent, ce dernier assure une large gamme de missions : ravitaillement en vol des aéronefs, transport de passagers et de fret et évacuation sanitaire de blessés. Stationné sur la Base aérienne 125 Istres, il est également un acteur essentiel de la composante aéroportée de la dissuasion. À terme, la France sera dotée d’ici 2028 de quinze A330 Phénix.
Depuis le mois d'août, le 7e A330 Phénix de l'armée de l'Air et de l'Espace totalise 10 missions, dont :
• 3 missions de ravitaillement en vol en métropole ;
• 3 missions 'TEC' (entraînement à la navigation) dont 1 à l'étranger ;
• 1 entraînement défilé et 1 défilé ;
• 1 convoyage aux États-Unis lors de l'exercice "Bold Quest". Le MRTT participe également à la mission Pégase, qui se déroule actuellement en Asie-Pacifique.

Airbus A 330-243 MRTT Phénix n° 047 - MSN1998 - F-UJCM - 31ème EARTS - Crédits : © Armée de l'air et de l'espace
A noter que cet appareil arbore sur sa dérive l'insigne de l'escadron de Transformation sur Phénix (ETP) 3/31 Landes (zoom image suivante)


Airbus A 330-243 MRTT Phénix n° 047 - MSN1998 - F-UJCM - 31ème EARTS - Crédits : © Armée de l'air et de l'espace
Gros plan sur la dérive ornée de l'insigne de la SAL 22 "La Louve Romaine", avec le look "tout métal" de l'insigne (A 904) de l'ERV 4/91 "Landes" (1964) puis ERV 3/93 (1976).


Airbus A 330-243 MRTT Phénix n° 047 - MSN1998 - F-UJCM - 31ème EARTS - Crédits : © Armée de l'air et de l'espace


Sources : Armée de l'air
Droits : © Armée de l'air


Paris (28/09/2022)
Rencontre avec le général Pena, nouvel IAAE

Le général de corps aérien (GCA) Louis Pena intègre l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE) en 1988, au sein de la promotion « sous-lieutenant de la Taille Trétinville ». Personnel navigant, il est breveté navigateur officier système d’armes (NOSA) en juin 1993 et rejoint l’escadron de chasse 3/3 « Ardennes » stationné sur la base aérienne 133 de Nancy-Ochey. Emprise dont il prendra le commandement plus tard, lors d’un second séjour, en 2012.

La carrière du GCA Pena fut notamment marquée par les opérations Trident I – II (1998, 1999), Salamandre (2000), Serpentaire Rafale (2007), Serval (2013) et Barkhane (2015). Breveté de l’École de guerre espagnole, il est officier de la Légion d’honneur et commandeur de l’ordre national du Mérite. Il est également décoré de la croix de guerre TOE avec étoile d’argent, de la Valeur militaire TOE avec étoile de bronze et de la médaille de l’Aéronautique.

Mise à jour : 27/09/2022 - Direction : Armée de l'air et de l'espace
Nommé inspecteur de l’armée de l’Air et de l’Espace, le général de corps aérien Louis Pena se confie au sujet de ses nouvelles fonctions.

Mon général, depuis le 1er septembre dernier, vous occupez les fonctions d’inspecteur de l’armée de l’Air et de l’Espace (IAAE). Qu’est-ce qu’implique cette fonction ?
En qualité d’inspecteur de l’armée de l’Air et de l’Espace (IAAE), je suis rattaché au chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace (CEMAAE). J’ai donc la responsabilité de lui faire part des difficultés rencontrées sur les différentes bases aériennes. En cas de sujet à tension particulière, le CEMAAE peut demander un contrôle. Ma mission est alors d’organiser une inspection, une évaluation ou encore, pour une situation plus grave, une enquête de commandement. Il y a une gradation des travaux que nous pouvons mener pour répondre aux attentes du CEMAAE.
La mission principale est de veiller à ce que rien ne mette à mal le renom, la performance opérationnelle, l’intégrité et la condition des personnels de l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE).
Tous les membres de l’inspection ont conscience de la responsabilité qui est la leur : être bienveillant sans être complaisant, être ferme mais juste. Nous sommes là pour veiller avec bienveillance sur nos Aviateurs et Aviatrices, mais aussi pour déceler et, au besoin, sanctionner tout abus ou faute. Nous avons, en quelque sorte, un rôle de grand frère, à l’écoute mais strict. Une de mes lignes d’action est de venir au-devant des personnels de l’AAE, quel que soit leur grade et quelle que soit leur affectation pour échanger avec eux.

Comment s’organise votre agenda ?
Une année peut être découpée en phases. Du mois de septembre au début du mois de novembre, nous travaillons essentiellement en région parisienne. En découle, par exemple, le planning d’inspections qui implique des déplacements sur les emprises de l’AAE. L’objectif de ces inspections est de porter un regard sur une base aérienne et de le partager avec les commandants des différentes emprises militaires. À partir de ces observations, nous mettons en avant de potentielles voies d’amélioration. Nous sommes ainsi dans une logique d’aide, sans occulter les dérives éventuelles. L’inspection d’une base aérienne est donc à percevoir comme une opportunité. En cas de manquement, de faute ou d’erreur, l’approche sera différente.
En parallèle, nous mettons en place des évaluations thématiques sur des sujets de fond, qui intéressent l’armée de l’Air et de l’Espace. Elles peuvent se dérouler sur plusieurs semaines. Dans le même sens, nous pouvons nous saisir nous-mêmes d’une étude pour répondre aux interrogations du CEMAAE ou encore du major général de l’armée de l’Air et de l’Espace (MGAAE). À savoir également que chaque Aviateur et Aviatrice dispose d’un droit de saisine pour exposer un éventuel problème lorsque les voies habituelles de remontée d’informations se sont révélées infructueuses. Ainsi, au quotidien, nous travaillons sur des dossiers planifiés ou sur des événements imprévus. Comme dans les opérations, c’est très dynamique et très varié.

Avez-vous déjà des pistes de sujets à aborder ?
Tout n’est pas encore validé par le CEMAAE, et donc je ne peux pas en parler. Néanmoins, plusieurs thématiques m’intéressent particulièrement, parmi elles, la performance opérationnelle de l’AAE ou encore la condition du personnel : quelles-sont les conditions de travail ? Comment se conjuguent vie militaire et vie privée ? Je suis également très attentif aux sujets relatifs à la mixité au sein de l’Institution et, en particulier, au sein de l’AAE.
J’aimerais aussi mettre l’accent sur la militarité au sein de l’AAE. Ainsi, je considère que dans les armées, nous ne faisons pas du management mais du commandement. Les Aviateurs doivent apprendre à commander de façon humaine, en ayant le souci de leurs subordonnés, mais en ayant en tête que la mission prime. Si apprendre à commander est important, apprendre à obéir l’est tout autant. Ce sont les deux facettes d’une même monnaie. Je souhaiterais donc m’assurer de cela en adoptant une approche pédagogique, exigeante et rigoureuse.

Sources : Armée de l'air
Droits : © Armée de l'air


(05/10/2022)

Eugène Bullard : un pilote américain au service de la France

Mise à jour : 29/09/2022 - Direction : Armée de l'air et de l'espace
À l’occasion de l’entrée d’Eugène Bullard au panthéon des pilotes américains, le SIRPA Air & Espace vous replonge dans l’histoire de cette figure de l’aéronautique militaire.

All blood runs red [Tout sang coule rouge.].
Le 24 septembre 2022, Eugène Bullard rejoindra le panthéon des pilotes américains au cours d’une cérémonie qui se tiendra au musée national de l’US Air Force à Dayton, dans l’Ohio.

Né en 1895 à Columbus en Géorgie, Eugène Bullard est notamment connu pour avoir servi en qualité de pilote dans l’armée française durant la Première Guerre mondiale. Symbole de pugnacité face à la discrimination, il devient, à l’instar d’Ahmet Ali Çelikten, l’un des premiers pilotes de chasse noirs de l’histoire.

Fantassin puis pilote de guerre pour la France

En 1914, alors que le premier conflit mondial fait rage, Eugène Bullard, alors à Paris, rejoint les rangs de l’armée française en s’engageant dans la Légion étrangère. Ce dernier intègre le 1er régiment étranger avant d’évoluer au sein du 170e régiment d’infanterie. Il est grièvement blessé en 1916, au cours de la bataille de Verdun et se verra remettre la Croix de guerre, en 1917.

Dans l’incapacité de servir dans l’infanterie, Eugène Bullard est affecté à l’aéronautique militaire et intègre le Lafayette Flying Corps, unité française regroupant des pilotes de chasse américains. Nommé élève-pilote, il évolue sur Caudron G.3 et Caudron G.4, appareils biplans. Il est finalement affecté au 5e groupe de chasse, avant de rejoindre l’escadrille N 93 puis l’escadrille N 85. Au cours des combats, il parvient à abattre deux appareils ennemis. Bullard est notamment connu pour avoir volé avec sa mascotte, un singe surnommé Jimmy.

En raison de sa couleur de peau, l’Aviateur ne parvient pas à intégrer l’United States Army Air Service, lors de l’entrée en guerre des États-Unis, en 1917. Le médecin américain chargé d’organiser l’aviation militaire américaine le déclare inapte au service aérien. Par la suite affecté au 170e régiment d’infanterie, il aura pour mission de former les nouvelles recrues jusqu’à la fin de la guerre.

Durant l’entre-deux-guerres, Eugène Bullard devient notamment batteur de jazz dans des night-clubs parisiens. Ses aventures musicales nocturnes lui permettent de côtoyer des artistes de renom comme Louis Armstrong, Langston Hughes ou encore l’Aviatrice Joséphine Baker.

Une figure de la Résistance

Germanophone, Eugène Bullard est sollicité en 1939, lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate. L’ancien pilote de chasse offre ses services à la préfecture de police, au sein du service de contre-espionnage. Sa mission : surveiller les agents allemands déployés dans la capitale française.

En 1940, Bullard retrouve le chemin des champs de bataille. Ce dernier est alors incorporé au sein du 51e régiment d’infanterie, stationné à Orléans. Au cours des combats, il est touché à la colonne vertébrale. Evacué à New York pour panser ses plaies, Eugène Bullard se retrouve de nouveau confronté à la ségrégation raciale, qui sévit toujours en Amérique du Nord.

La cérémonie du 24 septembre 2022 au musée national de l’US Air Force vise à honorer les exploits d’Eugène Bullard en qualité de pilote de chasse.


Représentation d'Eugène Bullard en peinture - © Roche Gardies

Sources : Armée de l'air
Droits : © Armée de l'air